
La ségrégation des métiers
Certains métiers sont massivement féminins, d’autres massivement masculins – et ce n’est pas neutre
Un fait bien établi : les métiers ne sont pas mixtes
En France comme dans la plupart des pays, les hommes et les femmes exercent des professions très différentes. Ce phénomène s’appelle la ségrégation occupationnelle – et il est massif.
La norme de genre de chaque métier
Dans ce projet, la norme de genre d’une profession est simplement la part de femmes dans cette profession, calculée directement depuis les données de l’Enquête Emploi INSEE.
Pourquoi la féminisation d’un métier est liée aux conditions de travail
Ce n’est pas une coïncidence. La littérature économique documente un lien robuste entre féminisation et dévalorisation :
Dévalorisation salariale
Les métiers à dominante féminine sont moins bien rémunérés — même à compétences comparables. Ce phénomène, documenté depuis les années 1980, s'explique en partie par la dévalorisation sociale du travail féminin (Levanon et al., 2009).
Temps partiel structurel
Les métiers féminins (aide à domicile, caisse, nettoyage) sont organisés autour du temps partiel — souvent imposé, pas choisi. C'est une caractéristique du secteur, pas des individus qui l'occupent.
Rotation élevée
Les métiers féminins peu qualifiés sont caractérisés par une forte rotation du personnel — ce qui se traduit par une ancienneté moyenne plus faible pour tous leurs occupants.
La question de ce projet
La littérature documente bien l’effet de la féminisation du métier sur les conditions de travail. Ce projet pose une question différente : est-ce que le désalignement individuel – être une femme dans un métier masculin, ou un homme dans un métier féminin – ajoute un coût supplémentaire ?
Non – c’est la féminisation du métier qui concentre la précarité, pas le désalignement individuel. Mais les patterns sont très différents selon les profils.