À propos
À la recherche de la valeur perdue
Ce site est le support numérique du cours d'histoire économique de Pascaline Vincent. Il couvre vingt-cinq siècles de pensée économique autour d'une question centrale : d'où vient la valeur ? — et qui décide.
Le projet pédagogique
Ce cours fait un pari inhabituel : raconter l’histoire de la pensée économique non pas comme une succession de découvertes qui s’accumulent, mais comme une longue conversation — où chaque école répond à la précédente, hérite de ses angles morts, et crée les conditions de la suivante.
Smith répond aux Physiocrates. Marx retourne Smith contre lui-même. Les marginalistes dissolvent Marx dans l’utilité subjective. Keynes ressuscite Malthus. Friedman attaque Keynes. Lucas attaque Friedman. Piketty renouvelle Ricardo.
Ce fil conducteur — la valeur comme question politique autant que théorique — permet de lire deux millénaires et demi de débats économiques comme un seul débat sur une seule question : qui produit la richesse, qui la capte, et comment le justifie-t-on ?
Structure du cours
Le cours comporte 12 séances de 2 heures, organisées chronologiquement.
Évaluation
📝 Modalités d'évaluation
- Deux questions de cours (5 pts chacune) — Elles impliquent de rédiger des paragraphes argumentés à partir des questions de réflexion proposées dans chaque chapitre. Les pistes de réponse disponibles sur ce site sont un point de départ, non une fin.
- Un QCM (10 pts) — Il mobilise la mémorisation des auteurs, dates et concepts clés. Le quiz d'entraînement du site couvre l'essentiel du périmètre.
💡 Le carnet de bord, les questions ouvertes et les réponses aux carrefours décisionnels constituent un matériau précieux pour préparer les questions de cours.
Le dispositif pédagogique numérique
Ce site propose plusieurs outils conçus pour rendre le parcours actif plutôt que passif.
Chaque chapitre peut être lu depuis le point de vue d'un Marchand, d'un Philosophe, d'un Ouvrier ou d'un Entrepreneur. Le choix n'est pas cosmétique : une même théorie économique se lit très différemment selon la position sociale d'où on la regarde.
À la fin de chaque chapitre, un scénario historique situé demande à l'étudiant de prendre position. Le choix détermine le cadrage du chapitre suivant et débloque des défis cognitifs, pratiques et immersifs.
Un espace personnel pour noter, collecter des artefacts conceptuels et répondre aux questions ouvertes. Toutes les données restent dans le navigateur — aucune information personnelle n'est transmise.
Une visualisation interactive de 20 auteurs et de leurs connexions sur 25 siècles. Filtrable par thème (valeur, demande, monnaie, inégalités). Chaque nœud renvoie au chapitre correspondant.
47 concepts clés avec définition, auteur, et lien vers le chapitre. Recherche plein-texte et filtre par lettre. Un outil de révision rapide avant les examens.
En fin de parcours, le profil génère un document PDF récapitulatif : niveau, chapitres lus, artefacts collectés, réponses aux questions ouvertes, pistes de lecture. À remettre éventuellement en guise de portfolio.
Choix éditoriaux
Pourquoi 12 chapitres et pas 15 ou 8 ? Le découpage retenu suit les grandes ruptures paradigmatiques identifiées par les historiens de la pensée économique : physiocratie, valeur-travail classique, révolution marginaliste, keynésianisme, contre-révolution monétariste, hétérodoxies contemporaines. Certaines écoles importantes (l’institutionnalisme américain, la théorie des jeux, l’économie expérimentale de Thaler) sont évoquées mais pas développées — un choix délibéré de profondeur plutôt que d’exhaustivité.
Pourquoi des voix non-canoniques ? Ibn Khaldoun (ch.1), Rosa Luxemburg (ch.6), Joan Robinson (ch.9), Elinor Ostrom et Esther Duflo (ch.12) sont intégrés non par militantisme mais par exactitude historique : ces auteurs ont formulé des arguments importants, souvent avant ou mieux que leurs contemporains masculins et occidentaux, et leur exclusion du canon traditionnel relève de biais sociologiques bien documentés.
Pourquoi des textes originaux ? Lire Aristote, Marx ou Keynes directement — même sur quelques lignes — est irremplaçable. La paraphrase trahit toujours quelque chose de la texture d’une pensée. Les extraits proposés sont tous libres de droits (domaine public ou Creative Commons).
À propos de Pascaline Vincent
Pascaline Vincent enseigne l’économie et l’histoire économique à l’université.
Ce cours s’inscrit dans une réflexion plus large sur la pédagogie active en sciences sociales : comment amener des étudiants à ne pas seulement mémoriser des théories, mais à comprendre pourquoi ces théories ont été formulées, contre qui elles étaient dirigées, et ce qu’elles présupposent sur la nature humaine et la société.
Technique et transparence
Ce site a été construit avec Quarto, un système de publication scientifique open-source. La structure pédagogique, le contenu des chapitres, les questions de réflexion, les scénarios des carrefours décisionnels et le glossaire sont issus du cours de Pascaline Vincent.
La mise en forme numérique, les composants interactifs (quiz, carnet, carte des débats, système de voix de personnage, injection des extraits originaux) ont été réalisés avec l'assistance de Claude (Anthropic) — un modèle de langage utilisé comme outil de développement et de structuration, sous supervision humaine constante.
Toutes les données de l'étudiant (progression, notes, réponses) restent dans le localStorage de son navigateur. Aucune donnée personnelle n'est collectée ni transmise.